La radio numérique française tuée avant sa naissance

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Voila plus de 10 ans que les constructeurs ont dans leur catalogue des équipements « broadcast » numériques.
Voila plus de 10 ans que des normes internationales existent et que des expérimentations ont débutées.

Mais voilà, en France, on a des  idées, alors c’est décidé : la France, dernier ilot de résistance à la gauloise, se prépare à faire cavalier seul.

C’était pourtant simple :  pour faire de la radio numérique, on utilise la norme de diffusion conçue pour la radio numérique: DAB (Digital Audio Broadcasting), ou son successeur  DAB+. Les équipements existent, ça fonctionne, c’est fait pour… Mais c’était sans compter sur nos brillants penseurs, dignes héritiers des « lumières » (tu parles, quel bande de crétins !),  qui ont décidé qu’on ferait la radio numérique avec la norme T-DBM.

C’est un drôle de choix, pour faire de la radio numérique,  d’utiliser une norme prévue pour la télévision sur mobile. Les postes de radio numérique pourront recevoir une image par seconde (nan, c’est trop fort, juste de quoi passer des pubs !). Seul défaut : ça ne marche pas, ou en tout cas très mal. Toutes les expérimentations l’ont montré. Qu’a cela ne tienne.

Résultat:
– avec 2 fois moins de canaux disponibles,  l’offre déjà très pauvre, va continuer de mourir. Super choix.
– les équipement non-standard vont couter un argent fou (20000€ un encodeur, les petites radios locales vont avoir des soucis).

D’autre part, alors que dans tous les domaines on parle de norme, d’harmonisation, la France s’isole : tous les voisins européens déploient la radio en DAB+.  Dans le monde, seule la France et la Corée ont fait ce choix ridicule. On se croirait revenu au temps du SECAM, utilisé uniquement en France et dans quelques pays d’Afrique. Cela ressemble aussi à la TNT, déployée en mpeg2, puis en mpeg4, histoire d’avoir des décodeurs incompatibles.

Alors voilà, pour recevoir la radio numérique en France,  il va falloir des récepteurs spéciaux, des auto-radio spéciaux,  des baladeurs spéciaux, des émetteurs spéciaux, tout cela va coûter un max. Les radios d’autoroute devraient protester, parce que aucun étranger ne pourra écouter les programme – incompatibles !

Donc, voilà, c’est plié: la radio numérique ne pourra être qu’un flop de plus en France.

Pourquoi ?

  1. Le GRN, grouppement des principales radios nationales, n’avait pas envie que soit techniquement possible la création de nouvelles radio, indépendantes. Leur choix ferme la porte a tout nouvel arrivant, et même réduit le nombre de concurrents.
  2. En choisissant un mode de diffusion spécifique, on ferme le marché des récepteurs: pas question d’un ipod capable de recevoir la radio numérique française, il faut un récepteur spécifique, dont la conception est verrouillée par 394 brevets. Certains vont se faire de l’argent là-dessus. Pourquoi pas revenir aux phares jaunes pendant qu’on y est ?

Alternative ?

La relève est prête: la radio passe déjà par internet, avec une offre pléthorique et variée. A la maison, au travail, on a la chance de pouvoir écouter autre chose que des 40 titres qui passent en boucle sur les 5 ou 6 radios musicales. Dès qu’on aura du wimax, le problème de l’auto-radio sera résolu. J’ai découvert des artistes très intéressants sur smoothjazz.com, alors que sur RFM on entend toujours les mêmes titres de Michel Berger. Je n’ai rien contre lui, mais il a fait + que 3 chansons il me semble… Mais voilà, le « pannel » d’auditeurs de référence trouve ça cool. Pas moi,  je zappe viteet met longtemps à revenir.

Entre temps, on va investir des sommes considérables dans un réseau de diffusion national obsolète. Qui va payer ? Nos impôts.

Quelques précisions ici : Une norme contestée ou  DMB – la radio numérique mondiale n’a pas besoin de tes services

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François

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Firefox3 beta 3

Sur la route menant à Firefox 3, les choses se précisent…
Nous en sommes à la 3ème bêta, il reste encore la bêta 4 puis les RC1, RCx, … pour arriver à une version finale.

Ce n’est donc pas la version finale destinée au public, mais ce qui est disponible montre la vitalité du projet – mais personne n’en doutait.

En plus de pouvoir valider le rendu de ses sites web, ce test permet aussi de calmer d’un micropoil l’impatience des utilisateurs…

J’ai donc installé et testé Firefox 3 b3 sous Linux et XP, voici ce que cela m’inspire

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Vers la fin de Yahoo ?

Lorsque Louis Naugès parlait d’un rapprochement Microsoft-Yahoo fin 2006, je n’y croyait pas.

Et bien, maintenant, on ne parle plus de rapprochement, mais d’achat. 😦
Ce n’est pour l’instant qu’une offre d’achat amicale, qu’ils peuvent refuser. Mais après… ?

Un tel rapprochement serait navrant, pour plusieurs raisons :

  • que va devenir Yahoo ? Un nouveau Netscape chez AOL ? On a vu le résultat, pas brillant.
  • Cumuler des parts de marché faibles ne résout aucunement le problème des services en lignes « à la traine ». Si l’audience de Yahoo a baissé, c’est pour une raison, c’est là qu’il faut chercher une solution (le moteur est perfectible !). Si Microsoft ne décolle pas, c’est pour une raison.
  • Yahoo a fait des efforts et des acquisitions pour se redresser. Que vont devenir ses acquis et acquisitions ?
    Zimbra, serveur de messagerie open source concurrent d’Exchange, qui deviendrait propriété de Microsoft ?
    FlickR ?
    Yahoo mail et ses millions d’abonnés: le premier webmail gratuit d’une capacité illimitée
  • Les 2 entreprises ont des mentalités différente. Fusionner ces équipes va être très difficile.
  • Que foutoir : Microsoft vient de faire une offre sur le moteur de recherche Fast.
    C’est quoi la stratégie ? Sortir le carnet de chèque pour s’acheter des parts de marché ?

J’espère que les actionnaires de Yahoo ont les nerfs solides et ne cèderont pas à la panique.

Edit: Lecture recommandée : Un mariage risqué selon Olivier Ezrati qui a passé 15 ans au marketing chez Microsoft

Pour beaucoup, la seule façon raisonnable est de laissé Yahoo indépendant

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François