Si pour mes postes de travail j’utilise Mandriva 2007, en ce qui concerne les serveurs, au travail, j’utilise des distributions Redhat, voire quelques Fedora. Ce qui m’a amené à me poser la question: pourquoi Redhat ?
Pourquoi pas Debian, Suze, Mandriva, ou même une Ubuntu (c’est la mode) ?
Je pense que chacune à des point forts et des faiblesses. Alors qu’est-ce qui me pousse à continuer comme cela ?
Peut-être cette question n’intéresse que moi… encore que. Je trouve la réponse instructive pour comprendre une forme de marketing efficace.
Alors la réponse est celle-ci: La première fois que j’ai testé linux, ça devait être en 1999, c’était avec un bouquin et un cd-rom Redhah linux . J’avais installé un DNS et un proxy squid pour partager l’accès internet sur un 486 avec 16Mo de RAM.
L’expérience ayant été concluante, Redhat à bénéficié:
- d’un capital sympatie
- d’un utilisateur de plus en plus aguerri
Depuis tout ce temps, J’ai reçu des tonnes de CD de démo, mais la force de ce cd Redhat a été d’être librement installable et utilisable sans limite. La machine, si elle existe encore, est toujours fonctionnelle. J’ai par contre dans un tirroir des cd d’XP ou de Visual Studio valables 30 jours : je n’ai pas envie d’installer une machine pour 30 jours, c’est du temps perdu. Je ne les ai jamais utilisé.
J’installe Redhat ou Fedora, je monte un relais antispam par exemple, et si ça marche, je n’ai pas envie de perdre le temps investi avec un truc qu’il faut abandonner.
Alors clairement, ça a couté à Redhat de fournir des logiciels gratuitement, mais ça permet de créer une base d’utilisateurs qui connaissent le produit. Mais ensuite j’ai acheté des logiciels à Redhat, j’ai acheté du support à Redhat, et aussi des formations.
Mais aussi clairement, ce mode de diffusion est performant sur le long terme.
Le même modèle est utilisé par VMWare, qui a rendu son serveur de virtualisation gratuit. Sans doute qu’a court terme, c’était un pari, parce que VMWare dominait très confortablement ce marché. Mais dans le rétroviseur, VMWare à bien vu qu’il y avait du monde : Xen et Microsoft entre autres. Alors, pour s’imposer durablement, il faut que des utilisateurs acquièrent l’habitude d’utiliser le produit, mais pour cela il fallait qu’ils puissent vraiment l’utiliser. J’avais lu des dizaine d’articles ou de “livres blanc” vantant les mérites de la virtualisation, mais ce qui m’a “déclenché”, c’est de pouvoir installer un serveur, de le faire fonctionner en production, et de voir tous les bienfaits de cette technique.
Ensuite, il faut une offre suffisament modulaire pour avoir quelques services ou produits supplémentaires payants pour pouvoir vivre, mais le moteur de croissance, c’est la base d’utilisateurs. Sans cette base, rien n’est possible. Avec elle, le nombre peut être transformé en revenus: dons pour Wikipedia, reversements Google pour Mozilla, services pour Redhat, Zimbra, Zend, MySql et bien d’autres. Avec une base d’utilisateurs satisfaits, on peut imaginer des sources de revenus.
Alors revoyons ce qui est nécessaire d’ acquérir :
- capital sympathie
- utilisateurs + expérimentés, ou connaissant bien le produit
Pourquoi les achats Microsoft sont en baisse à mon travail ?
- capital sympathie en chute libre depuis longtemps, à cause des licences, des enregistrements pénibles, du manque de documentation, et de la personnalité de son patron.
- de moins en moins envie de m’investir sur des produits truffés de restrictions, donc des produits moins maitrisés, etc…
Pendant ce temps là, d’autres avancent:
Les Live-Cd, avec Knoppix en tête, sont très appréciés des Services Informatiques : quels outils pratiques et efficaces !
Les clés USB bootables vont sans doute remplacer les live-cd, parce que plus rapides.
SpamAssassin, ClamAV progressent et gagnent en reconnaissance.
Mais la où je ne pige pas, c’est que j’ai toujours considéré Microsoft comme très bons sur le marketing (j’en arrive même à penser qu’ils ne bons qu’a cela
) mais que pourtant cette entreprise reste très frileuse sur ce mode de fidélisation, préférant l’enfermement du client.
Voilà, c’était ma réflexion du vendredi…
François